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Premier Adjoint au Maire d'Auxerre

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JEUNES : de bonnes raisons de manifester !

Dans le projet de budget 2011, l’Etat, reconnaissant l’urgence d’agir pour les jeunes, réduit, voire supprime les moyens existants pour faciliter l’accès des jeunes dans la vie active et fragilise un peu plus leur accès à l’autonomie.

 La suppression des postes FONJEP (action 14 du programme 177 du projet de budget 2011 de la mission interministérielle « ville et logement », avec une réduction annoncée de 50% par rapport au budget 2010), la disparition, dans certains territoires, pour les résidences sociales de l’Aide à la Gestion Locative Sociale (AGLS) et la suspension de la rétroactivité des APL (article 54 du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2011) mettent les jeunes et ceux qui, au quotidien, contribuent à ce qu’un jeune devienne acteur de son propre développement, dans l’impossibilité de mobiliser des réponses pertinentes aux besoins légitimes d’autonomie de la jeunesse.

 Les postes FONJEP et l’AGLS sont des composantes de l’action socio éducative, favorisant un accompagnement spécifique dans sa globalité et permettant une analyse de la demande sociale, améliorant l’adéquation entre les besoins et les moyens, tout en participant à la socialisation du jeune.

 Les APL sont une aide essentielle et indispensable pour un jeune débutant dans la vie active et entrant dans son premier logement. 95% des jeunes des Résidences Jeunes de l’Yonne 'ex FJT) ont droit aux APL  et  le reliquat du loyer restant à devoir est en moyenne de 70 euros par mois (hébergement avec petit déjeuner et services de l’association) Lorsqu’un jeune débute une activité ( premier contrat de travail pour la majorité) et rejoint notre structure, pour 70% d’entre eux, les résidences jeunes de l’Yonne constituent leur premier logement à la sortie du domicile familial. Ils n’ont pas de numéro de sécurité sociale et pas de bulletin de salaire à présenter dans les justificatifs demandés pour constituer le dossier. Il faut donc attendre deux mois, voir trois avant que le dossier CAF APL soit complet et envoyé à la CAF.

 Le projet de loi prévoit que dès 2011, l’allocation ne soit versée qu’à compter du mois au cours duquel la demande est déposée et non plus dans la limite des trois mois précédents.

Cette disposition remet en question le régime en vigueur où une personne qui rentre dans un logement a un délai de trois mois pour ouvrir ses droits, sans risque de bénéficier des aides au logement sur cette période.

La suppression de la rétroactivité, prévue dans le projet de loi, aura des conséquences désastreuses pour l’accès et le maintien dans le logement des jeunes, dont la plupart ont des ressources modestes.

Cela risque de faciliter grandement leur endettement et leur mise en situation d’expulsion, alors que la politique de prévention des expulsions locatives devrait être la priorité, dans ce contexte de crise économique.

D’autre part, le jeune risque, une fois de plus, d’être amené à renoncer à d’autres dépenses (soins, culture, nourriture…) pour compenser la perte de ses aides au logement, ce qui conduirait à une dégradation de sa situation sociale.

Sans compter la fragilisation des associations telles que les FJT qui sont engagées dans un dispositif d’intermédiation locative et de conventionnement avec la CAF, permettant de verser les allocations directement à l’association, afin que la CAF soit assurée que cette allocation soit bien destinée au logement, et qui mettent en place des dispositifs d’avance APL facilitant l’accès au logement du jeune.

 A l’heure où le ministre de la jeunesse envisage un second plan « agir pour la jeunesse » dont une des ambitions est de faire évoluer les représentations sur la jeunesse, à l’heure où le ministre du logement prône le « tout logement » et fait de l’accès au logement une priorité absolue, par l’intermédiaire du SIAO entre autre,il est inadmissible que les moyens dédiés à l’accompagnement et à l’animation des projets en direction de la jeunesse  soient considérés comme une charge à supprimer.

Ce doit être au contraire un investissement positif pour l’avenir qu’il faut, au minimum, maintenir mais assurément développés et renforcés.

 Le maintien de la rétroactivité des APL, le maintien et le développement des postes FONJEP, à la même hauteur qu’auparavant, et de l’Aide à la Gestion Locative Sociale sont une nécessité pour l’avenir.

De l’issue des orientations qui seront prises reposent la pérennité et le maintien des associations locales qui, au quotidien, œuvrent pour que les jeunes puissent participer à l’animation et au développement économique des territoires.

 

En ces temps difficiles, les incertitudes pesant sur les jeunes et les aléas qu’ils rencontrent dans leur parcours sont de plus en plus nombreux. Cette situation, nettement aggravée ces dernières années, crée une forte tension entre la pression à l’entrée dans une vie active stabilisée et la difficulté pour les jeunes à se projeter dans l’avenir. Dans ce contexte, le logement est devenu un élément central de stabilité et un formidable outil d’insertion et d’intégration lorsqu’il bénéficie d’un accompagnement et d’une présence 24H/24.

 

L'exemple et l'impact dans l'Yonne :

L’association Résidences Jeunes de l’Yonne, ex Foyer des Jeunes Travailleurs d’Auxerre, et seul établissement de ce type du département de l’Yonne, joue pleinement son rôle pour faciliter l’entrée dans la vie active d’un jeune, l’accompagner dans ses démarches administratives, l’informer et l’éduquer sur ses droits et devoirs et animer son quotidien en favorisant le lien social et en mettant en place tout un tas d’activités et d’animations issues de l’éducation populaire.

Ce sont entre 800 et 900 jeunes intérimaires, apprentis, étudiants, en contrats de qualification, en contrats aidés, en contrats à durée déterminée ou indéterminée qui passent chaque année par notre association et qui sont aidés, s’ils le souhaitent, par la cellule de veille sociale (3 agents d’accueil et de sécurité, une animatrice socio éducative, un conseiller en insertion professionnelle, un agent de veille sociale, 2 hôtesses d’accueil et un directeur d’association) assurant une présence et un accueil 24H24, 7 jours sur 7, sans interruption.

Tout cet encadrement est financé en partie par les postes FONJEP et l’Aide à la Gestion Locative Sociale. Le conseil général de l’Yonne, par le conventionnement annuel, participe grandement au financement de ces postes et aux actions menées au sein de la cellule de veille sociale.

Il faut souligner que ces financements permettent d’assurer un accompagnement socio-éducatif à moindre coût en évitant le basculement de nombreux jeunes dans des situations de grande urgence sociale, les éloignant un peu plus de l’autonomie et occasionnant des coûts supplémentaires pour les collectivités locales.

 

Alors Mesdames et Messieurs les parlementaires comprenez-vous pourquoi les jeunes sont dans la rue !

 

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