Premier Adjoint au Maire d'Auxerre
17 Octobre 2010
Je suis très étonné que la présence des lycéens dans les manifestations contre la réforme des retraites puisse faire débat et polémique en 2010.
J'étais lycéen en 1968 et je n'ai pas souvenir que cette question se soit posée ! Au contraire, étudiants, lycéens, ouvriers, employés et bien d'autres au coude à coude dans les manifestations, était signe de solidarité dans un mouvement social et sociétal utile. La tranche d'âge des lycéens correspondait déjà à celle d'une première prise de conscience ou d'intérêt au fait politique. La majorité est passée depuis de 21 à 18 ans et les moyens de communication et d'information sont sans comparaison. Certains trouvent que les lycéens n'auraient pas à donner leur avis sur ce sujet largement inter-générationnel. Nombreux sont les lycéens qui vivent dans leur famille les problématiques du chômage d'un proche jeune en recherche d'emploi ou sénior débarqué à moins de 60 ans ! Ils n'ignorent pas, les lycéens, les difficultés financières grandissantes des retraités.
Devons-nous être étonnés de l'inquiétude des lycéens face à la crise de l'emploi pour les 18-25 ans?
Leur avenir et leurs projets ne seront-ils que des emplois précaires, à temps partiel non choisi, voire avec de l'assistanat comme le RSA jeune actif ? Les lycéens en manifestant au côté des salariés disent qu'ils ont le droit et le devoir de participer au débat car il concerne leur avenir.
Ils ont la jeunesse, l'imagination, le dynamisme, l'envie. Ce n'est pas en les traitant « d'immatures » que nous les associerons à la construction d'une société de progrès.
Franchement, je préfère un jeune qui exprime son inquiétude et sa colère dans une manifestation parmi les « adultes » qu'un jeune dans « les faits divers », décédé d'une overdose ou d'alcoolisation du samedi soir. Et pourtant dans les deux cas, l'absence de perspectives, d'espoir n'est-elle pas la motivation de ces deux réponses bien différentes?